REPORTAGE : Annees 80, Victoria THERAME

158 photographies - 15 mars 1983

Au début de l’émission "Apostrophes" j’essayais d’alpaguer des auteurs pour leur proposer de les rencontrer plus tard en tête à tête.
Je mentais un peu, je disais que j'étais le photographe de tel ou tel journal...

Souvent ça marchait.
J'allais chez eux, on discutait.

Ces photos je les montrais aux magazines, qui ont commencé à s'y intéresser.

C’est comme cela que ça a débuté, avec des écrivains.
Puis on m'a confié d’autres personnages, n’importe qui, n’importe quoi dont on parlait à ce moment-là.

J'ai rempli des formulaires et j'ai obtenu une carte de presse.
Les bureaux étaient rue des Pyramides, entre le Louvre et l'Opéra, à l'étage.
Il y avait une dame à l'entrée qui prenait les dossiers, ça sentait le vieux papier et l'encaustique.

J'en ai profité pour entrer gratuitement au musée, abattre un peu d'argent de mes revenus et faire le joli coeur.

Journaliste ? Je n'ai toujours pas compris ce que ça voulait dire.

Je faisais tout bien comme Cartier-Bresson dont j'avais vu le livre "photoportraits" : deux tiers en bas, ne souriez pas et regardez ailleurs.
C'était pas si compliqué la photo.
Mais je changeais quand même parfois de film au milieu pour en mettre un en couleur car on commençait à me le demander.

Je circulais dans Paris sur une 125 Yamaha rouge, j’avais un sac, une cellule et un Leica.
Après j'ai acheté un Hasselblad et des flashs, c'était un peu moins romantique mais le temps passait.

Entre autrefois et aujourd'hui
il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille,
c'est pour cela que je travaille ici à mettre au jour ce patrimoine.


Quant aux belles rencontres
on en parlera une autre fois.







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